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Travailler avec un “gros client” : c’est normal… et c’est précisément pour ça qu’il faut piloter le risque

Dans le transport routier de marchandises (TRM), la dépendance à un ou deux clients majeurs n’est pas une erreur de gestion. C’est souvent la trajectoire normale d’une entreprise.

Le secteur est historiquement très fractionné : une multitude de TPE et PME, des moyens limités, et une croissance qui se fait “au contrat”, au gré des opportunités. 

Très souvent, un client historique (industriel local, acteur du BTP, distributeur, e-commerce, agro…) permet :

  • de démarrer (les premiers volumes),
  • d’investir (camion, remorque, outils, dépôt),
  • d’embaucher (CDI, exploitation),
  • de structurer l’organisation et la qualité de service.

Bref : ces clients ne “créent pas” une dépendance par intention. 

Ils construisent l’entreprise.

Il ne s’agit donc pas de juger si cette dépendance est positive ou non.

Le sujet est d’intégrer un risque naturel d’un métier à charges fixes — et de le piloter avant qu’il ne pilote votre entreprise.

À retenir : la dépendance dans le TRM, ce n’est pas un défaut moral ou technique. C’est un risque structurel.

Le vrai piège du TRM : des revenus courts, des charges longues

La dépendance devient dangereuse à cause d’un décalage structurel propre au transport :

  • Contrats clients : souvent 1 à 3 ans, renégociables, ou remis en concurrence (appels d’offres, panels fournisseurs).
  • Engagements du transporteur : camions, bâtiments, systèmes, organisation — et surtout CDI — sont des choix qui se raisonnent sur plusieurs années.

Autrement dit : vos recettes peuvent changer rapidement, vos charges fixes beaucoup moins.

Phrase clé : un contrat de 24 mois ne doit jamais porter une structure de coûts pensée pour 7 ans.

Cette réalité explique pourquoi un client “sain” aujourd’hui peut devenir un risque majeur demain — sans conflit, sans mauvaise intention. Simplement parce que votre entreprise est dimensionnée pour ce volume.

Dépendance : de quoi parle-t-on exactement ? (business vs juridique)

1) La dépendance au sens “business”

C’est la concentration du chiffre d’affaires, de la capacité et parfois des compétences sur un nombre limité de donneurs d’ordre.

2) La dépendance au sens “juridique”

On entend parfois : “au-delà de 30% c’est de la dépendance économique”. En réalité, il n’existe pas de seuil automatique. En droit de la concurrence, l’abus de dépendance économique est apprécié au cas par cas (part du CA, alternatives, puissance du partenaire, etc.).

Dans cet article, on parle surtout de dépendance opérationnelle et stratégique : celle qui impacte la marge, l’organisation, la capacité à dire non et la résilience.

Pourquoi les transporteurs sous-estiment le risque (et pourquoi 10–15% suffit souvent)

Beaucoup de transporteurs pensent :

  • “À 10% du CA, je suis tranquille.”
  • “La dépendance, c’est quand on est à 30–40%.”

Dans une PME du TRM, c’est souvent faux. Parce que la dépendance ne se mesure pas seulement en % de CA, mais en :

  • poids dans le planning (créneaux, amplitude, saisonnalité),
  • contraintes imposées (pénalités, outils, reporting),
  • efforts dédiés (équipe, astreintes, matériel, qualité),
  • liberté de négociation (capacité à dire non, à revaloriser).

La dépendance, c’est quand vous n’avez plus la liberté de dire non.

Et c’est pour ça que 10–15% peut déjà être une dépendance réelle : votre organisation commence à se caler sur ce client.

Les risques “invisibles” : quand tout va bien… jusqu’au jour où ça change

Le danger de la dépendance n’est pas seulement la négociation tarifaire. C’est que les risques viennent souvent du client, et qu’ils ne se voient pas au quotidien.

1) Le client rencontre des difficultés

Même un grand groupe peut connaître une baisse d’activité, un gel budgétaire, une réorganisation. Résultat : volumes en baisse, pression sur les prix, exigences nouvelles.

2) Délocalisation ou changement de schéma logistique

Un site ferme, un entrepôt déménage, un flux est réassigné : vous perdez du volume sans conflit. La carte a changé.

3) Changement d’interlocuteur : effet “reset”

Nouveau responsable achats/supply : tout est remis à plat. “On benchmark”, “on harmonise”, “on remet en concurrence”. La relation historique ne suffit plus.

4) Relance d’appel d’offres

Appel d’offres = comparaison. La décision est parfois guidée par une politique groupe, une rationalisation fournisseurs, un objectif d’économie, ou une nouvelle priorité (RSE, traçabilité, outils imposés).

5) Un incident qui déclenche une bascule

Litige, pénalité, outil imposé, changement de cahier des charges… et l’exploitation se retrouve sous tension.

Conclusion : le risque principal, c’est l’imprévisibilité — pas la malveillance.

Le principal risque à anticiper : ce n’est pas un “DSO élevé”… mais une chute rare et violente

Dans la pratique, les gros donneurs d’ordre paient souvent correctement : process et validation structurés. Donc la dépendance ne se voit pas forcément dans le quotidien.

Le problème, c’est le jour où ça déraille : litige, blocage de validation, pénalité contestée, changement d’outil, fusion, réorganisation.

➡️ Une facture bloquée, un mois de volumes en moins, et vous pouvez basculer très vite, parce que le TRM est un métier de charges fixes.

La dépendance n’est pas un risque cash permanent. C’est un risque de “chute” : rare, mais violent.

Les signaux faibles à surveiller (avant que ça pique)

Voici les signaux qui montrent que l’équilibre de la relation bascule :

  • Contrat non renégociable ou revalorisation systématiquement repoussée
  • Pénalités en hausse, contestations difficiles
  • Exigences qui s’empilent (reporting, outils, délais) sans compensation
  • Part du planning occupée qui augmente plus vite que votre portefeuille
  • Investissements faits “pour tenir ce client”
  • Dépendance humaine : un exploitant/chef de groupe ne gère quasiment que ce compte

Tableau — Quand la dépendance fragilise la relation

SituationEffet concret
Contrat non renégociableÉrosion progressive de marge
Tarif imposé / concessionsRentabilité qui se dégrade
Pression sur délais et créneauxStress et surcoûts
Outils/KPI imposésCharge d’exploitation + coûts cachés
Pénalités logistiquesMarges grignotées

Comment mesurer votre dépendance : notre plan simple et actionnable

Indicateur 1 — Concentration du CA

  • Part du CA en pourcentage de votre Top client (#1)
  • Part du CA en pourcentage du Top 3 clients

Indicateur 2 — Concentration du planning

  • Part des tournées / jours / moyens mobilisés par le Top 1

Indicateur 3 — Inertie (le vrai indicateur)

  • Combien de mois vous faut-il pour remplacer 50% du volume du Top 1 ?

Grille de pilotage pour évaluer le risque de votre top client

Part du CA (Top 1)Lecture terrainAction
≤ 5%Zone idéaleEntretenir acquisition, surveiller
5–10%Confort… attentionDiversification douce
10–15%Dépendance probablePlan actif + rentabilité par client
15–25%Dépendance forteRenégociation structurée + sécurisation
>25%Dépendance critiquePlan urgent : désengagement progressif

Principe de portefeuille : idéalement, aucun client ne devrait dépasser 5% du CA. Ce n’est pas une loi : c’est un cap de résilience.

Plan d’action : réduire la dépendance sans casser l’exploitation (méthode pro)

Étape 1 — Sécuriser la rentabilité du client dominant (d’abord)

Objectif : arrêter l’érosion silencieuse.

  • Mesurer la rentabilité par tournée / par contrainte / par zone
  • Identifier les coûts cachés : attentes quai, contraintes horaires, retours, qualité, pénalités
  • Re-cadrer l’offre : options/suppléments, conditions, revalorisation

Étape 2 — Construire la diversification “compatible” (ensuite)

Objectif : remplir les trous du planning et créer des relais, sans tout changer.

  • Cibler des prospects sur vos zones et vos savoir-faire
  • Développer 1–2 segments adjacents (ex : régional, BTP, industrie, e-commerce B2B)
  • Mettre en place une prospection régulière (rythme > intensité)

Étape 3 — Sécuriser la relation (contractuel + pilotage)

Objectif : réduire l’imprévisibilité.

  • Contrat clair (périmètre, révision, pénalités encadrées)
  • Calendrier de renégociation
  • Tableaux de bord et revues périodiques (QBR) basées sur faits

Étape 4 — Gagner en autonomie grâce à l’organisation et aux outils

Objectif : moins subir, mieux arbitrer.

  • Visibilité sur rentabilité (tableau de bord)
  • Devis / réservation cadrés
  • Portail client, suivi, traçabilité, preuves
  • Visibilité digitale (site, référencement local)

Digitalisation TRM : un levier concret pour sortir du “tout volume”

La dépendance client n’est pas seulement un sujet commercial. C’est souvent un sujet d’organisation : quand vous manquez de visibilité sur votre marge et votre capacité, vous acceptez du volume pour “remplir”, même si ce volume n’est pas optimal.

Les actifs qui libèrent le transporteur sur ses besoins business

BesoinActif utile
Visibilité rentabilitéTableau de bord / marge par tournée
Mieux vendreDevis & réservation en ligne
AcquisitionSite optimisé + référencement local
FidélisationPortail client + suivi performance

Avec Bary, l’objectif est simple : vous redonner du contrôle sur votre prise de commande, votre rentabilité et votre capacité à diversifier.

Ce qu’il faut retenir

  • Travailler avec un gros client est normal dans le TRM : le secteur est fragmenté et les clients historiques construisent les entreprises.
  • Le risque vient du décalage structurel : revenus courts (contrats 1–3 ans) vs charges longues (camions, immobilier, CDI).
  • La dépendance commence souvent plus tôt qu’on ne le croit : 10–15% du CA peut déjà aligner votre organisation.
  • Les risques “aveugles” : difficulté client, délocalisation, changement d’interlocuteur, appel d’offres, changement de cahier des charges.
  • La bonne stratégie : sécuriser la rentabilité, diversifier progressivement, cadrer la relation, et outiller l’organisation.

FAQ — Dépendance client transporteur

À partir de quand suis-je “dépendant” ?

Il n’y a pas de seuil magique : au-delà du % de CA, regardez le poids dans le planning, les contraintes imposées et votre capacité à dire non. Dans de nombreuses PME, la dépendance devient réelle dès 10–15%.

Pourquoi l’objectif “5% par client” est-il intéressant ?

Il n’y a pas de seuil magique : au-delà du % de CA, regardez le poids dans le planning, les contraintes imposées et votre capacité à dire non. Dans de nombreuses PME, la dépendance devient réelle dès 10–15%.

À partir de quand suis-je “dépendant” ?

Parce qu’il protège la résilience : pouvoir de négociation, stabilité du planning, capacité à encaisser un choc. Ce n’est pas une règle absolue, c’est un cap.

Comment réduire la dépendance sans perdre de volume ?

En commençant par combler les “trous” du planning avec des clients compatibles, en sécurisant la rentabilité du client dominant, et en installant une prospection régulière.

Comment Bary peut aider ?

En vous donnant de la visibilité sur la rentabilité, en cadrant la prise de commande (devis/réservation), en améliorant l’expérience client (portail/suivi) et en renforçant votre acquisition (visibilité digitale).

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